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🌙 Petite histoire du soir — Les molécules en cure-dents

  • lesailesdutdahdysc
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Il y a longtemps, je donnais des cours de chimie à un élève de Terminale.



Il était dyspraxique.



À l’époque, je dois l’avouer, je ne savais même pas vraiment ce que cela voulait dire.



Je voyais simplement un jeune intelligent, volontaire, qui comprenait la chimie… mais qui se retrouvait complètement perdu dès qu’il fallait faire appel à la géométrie ou se représenter quelque chose dans l’espace.



Et puis un jour sont arrivées les molécules en 3D.



Sur le papier, quelques traits, des liaisons, des angles…



Pour lui, un mur.



Je pouvais lui expliquer encore et encore comment orienter les atomes dans l’espace. Je pouvais refaire le dessin dix fois.



Il ne le voyait pas.



Et à un moment, j’ai compris quelque chose qui allait profondément changer ma manière d’enseigner :



ce n’était peut-être pas à lui de faire davantage d’efforts pour comprendre ma façon d’expliquer.


C’était à moi de trouver une autre façon de lui expliquer.



Alors nous avons rangé les feuilles.



Nous avons sorti… des cure-dents et des cotillons.



Oui. Des cure-dents et des petites boules de cotillon. 😅



Les cotillons sont devenus des atomes.


Les cure-dents sont devenus des liaisons.



Et soudain, la molécule qu’il n’arrivait pas à imaginer était là.



Dans ses mains.



Il pouvait la tourner.


La regarder sous tous les angles.


La démonter.


La reconstruire.



Ce qu’il ne pouvait pas visualiser mentalement, nous venions de le rendre concret.



Et il a compris.



Pas parce que sa dyspraxie avait disparu.



Pas parce qu’il avait soudainement « fait plus d’efforts ».



Parce que nous avions adapté le chemin pour lui permettre d’accéder au même savoir.



Les années ont passé.



Et ce jeune qui aurait pu finir par penser que les sciences n’étaient « pas faites pour lui » est devenu…



ingénieur chimiste. ❤️



Malgré sa dyspraxie.



Ou plutôt : avec sa dyspraxie.



Parce qu’un trouble ne résume jamais les capacités d’un enfant.



🦋 La morale de cette histoire ?



Nous demandons parfois à un enfant de franchir une porte qui lui est inaccessible… alors qu’il suffirait peut-être simplement d’en ouvrir une autre.



Adapter, ce n’est pas faciliter au point de supprimer l’apprentissage.



Adapter, c’est permettre d’apprendre.



Ce n’est pas donner un avantage.



C’est chercher le support, l’outil, le temps ou la manière d’expliquer qui permettra enfin à l’enfant de montrer ce dont il est capable.



Et parfois, derrière un enfant qui « n’y arrive pas », se cache un futur ingénieur, un artiste, un artisan, un professeur, un soignant…




Il lui manque simplement ses cure-dents et ses cotillons. ❤️




Alors avant de dire :


« Pourtant, je lui ai expliqué dix fois… »


essayons peut-être de nous demander :


« Et si, pour la onzième fois, je lui expliquais autrement ? »




🦋 Les Ailes du TDAH Dys & Co




Ne cherchons pas seulement à faire entrer les enfants dans nos méthodes.


Cherchons aussi les méthodes qui leur permettront de déployer leurs ailes.

 
 
 

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